Refuser la loi des armes et le diktat des chasseurs

Paul-Joseph Ettori, président de la fédération régionale des chasseurs, explique que certains porteurs de fusils donnent une mauvaise image des chasseurs, mais il est en deçà de la vérité: c’est la chasse qui donne une mauvaise image des chasseurs.
Le temps est venu de refuser la loi des armes et le diktat des chasseurs.
La chasse est un loisir mortifère, archaïque et dangereux, pratiqué par une minorité de personnes qui monopolisent l’essentiel des espaces naturels. Il est temps que quelqu’un le dise haut et fort, et c’est ce que je fais en ma qualité de candidate du parti animaliste aux législatives dans la 1e circonscription de Haute-Corse.
De nos jours, il ne s’agit plus que de chasse de loisir, plus personne ne chasse pour se nourrir. Dès lors, c’est une pratique éthiquement inacceptable. Bien sûr, le sort des animaux dans les élevages n’est pas plus enviable, mais cela n’enlève rien au caractère éthiquement inacceptable d’un loisir qui consiste à mettre à mort des êtres sensibles. Il faut se battre pour faire respecter les animaux dans la nature ET dans l’élevage.
Paul-Joseph Ettori décrit les chasseurs comme des défenseurs de la biodiversité, ce qui en dit long sur sa conception des animaux. Il en parle comme s’ils étaient de simples « morceaux d’environnement », à respecter en tant qu’espèces, et non des êtres sensibles, qui, comme nous, veulent vivre.
Quoi qu’il en soit, la biodiversité ne se porte nulle part mieux que dans les régions du monde où la chasse a été interdite. Et confier la régulation des espèces aux chasseurs est une aberration. Qui confierait la régulation de la vente d’armes aux fabricants d’armes à feu ?
J’ai l’intention, avec le parti animaliste, de faire évaluer l’état de conservation des espèces au Museum National d’Histoire Naturelle et non à l’Office National de la Chasse, de supprimer le statut d’espèce « nuisible » et de développer la recherche sur les méthodes non invasives de contrôle des populations animales.
Sans compter qu’en période de chasse, nous humains tremblons aussi à l’idée de croiser le chemin d’une cohorte en treillis, jouant aux militaires dans le maquis avec de vraies armes. Ce seul fait devrait décider les pouvoirs publics à faire interdire le port d’armes à des civils.
La « loi chasse n°2008-1545 », dite « loi Poniatowski » a supprimé la seule référence législative qui protégeait la population. Une dérèglementation qui a conduit la France à être, de très loin, le pays d’Europe où il y a le plus d’accidents de chasse, en particulier lors de la chasse au sanglier.
Instaurer les mercredis et les dimanches sans chasse est une mesure de bon sens qui permettrait aux familles de profiter aussi de la nature sans craindre de recevoir une balle perdue. D’autant que nous n’avons toujours pas de délit de « chasse en état d’ivresse », pourtant tout autant dangereux que la conduite en état d’ivresse. Un taux d’alcoolémie maximal de 0,2g/litre de sang lors de la pratique de la chasse s’impose, comme l’obligation d’obtenir un certificat annuel de capacité délivré par un médecin agréé.
Paul-Joseph Ettori nous explique encore que les chasseurs interviennent dans les écoles avec la bénédiction du Ministère de l’Education Nationale. Or c’est précisément ce que nous souhaitons interdire. La chasse, c’est l’école de la passion des armes et de l’absence d’empathie envers des êtres sensibles. Est-ce vraiment ce que nous souhaitons enseigner à nos enfants ?
Même si Monsieur Ettori n’a découvert mon existence que dans le journal, je milite depuis des années pour la cause animale, en Corse et à l’international. Notre combat commence à porter ses fruits, et effectivement la presse nous offre de plus en plus souvent des tribunes, même si des injustices sont commises dans ce domaine. Je n’ai pas été invitée au dernier débat à Bastia, et il semblerait que je vais être à nouveau privée de micro pour le débat de France 3 Corse-Via Stella. Ce n’est pas grave, nous continuerons à porter la voix des sans voix et répondre aux coups de fusils. Nous voulons éradiquer de nos maquis le fracas des balles dans la chair, ces balles qui prennent des vies, nécessairement innocentes. (suite…)

Corse-Matin – 28 Mai 2017

Article paru dans le Corse-Matin du 28 Mai 2017.

Si elle n’avait pas été candidate à l’élection législative, nous aurions réalisé cet entretien avec elle tant la prise de conscience autour de la cause animale grandit au coeur de notre société. Florence Juralina est, dans toute la Corse, la seule candidate animaliste aux législatives. Avec son suppléant Michel Staelens, elle se présente pour le Parti animaliste dans la première circonscription de la Haute-Corse. Son engagement n’est pas récent. Cette professeure d’anglais collabore depuis une vingtaine d’années avec plusieurs associations d’éthique animale en France et dans le monde. Et quand il s’agit de dénoncer la situation dans cette Corse réputée pour ses valeurs humanistes, elle ne caresse pas toujours dans le sens du poil… (suite…)