Questions fréquentes

Avez vous conscience de la multiplication du sanglier vu qu’il n’y a pas de prédateurs à part les chasseurs ?

Avant de répondre, laissez-moi vous poser deux questions :
– Qua
nd on ne peut pas invoquer la surpopulation (oiseaux par exemple), pensez-vous qu’il est légitime d’interdire la chasse de loisir ?
– P
ensez que s’il n’y avait pas surpopulation, les chasseurs arrêteraient volontiers de chasser les sangliers ?
J
e vous laisse méditer ces deux questions et je réponds sur le fond maintenant :

Je ne conteste pas que les sangliers s’approchent des cultures et fassent des ravages. Mon propre jardin est régulièrement ravagé après leur passage. Mais comment m’en plaindre, vu que je n’ai pas clôturé ?
La première des réponses à donner au problème que posent les sangliers aux cultures (parce que c’est uniquement là qu’est le problème), c’est encore et toujours la clôture. Mais en Corse, bien rares sont ceux qui se donnent la peine de clôturer de façon adéquate (d’où les problèmes de vaches en divagation).

Par ailleurs, dans les zones où la chasse a été interdite, on observe au bout de quelques années une autorégulation des populations, par exemple par diminution de la nourriture disponible par rapport au nombre d’animaux.

Ensuite, il existe des méthodes qui ne génèrent aucune souffrance permettant de diminuer le nombre d’individus, comme la contraception. Pour l’instant, cette méthode n’est pas totalement au point parce que d’autres animaux risqueraient aussi d’ingérer le contraceptif, mais les scientifiques s’accordent à dire qu’en un an, on pourrait facilement aboutir à un contraceptif sélectif s’il y avait une volonté politique de favoriser la recherche dans ce domaine. Mais les chasseurs n’en veulent ABSOLUMENT PAS. Leur argument suprême : « ce n’est pas naturel ». Et alors ? Une balle de fusil c’est naturel ? La contraception pour les humains c’est naturel ? Vous préférez un naturel qui tue à un artificiel qui ne tue pas ? Appliquons ce principe à nous-mêmes si nous sommes sincères, avant d’envisager de l’appliquer à d’autres.

La vérité, c’est que les chasseurs veulent chasser, et qu’ils trouveront tous les arguments, plus fallacieux les uns que les autres pour le faire.
Vous les voyez partir en pleine nuit en grommelant parce qu’ils aimeraient continuer à dormir mais que le devoir appelle, ils doivent réguler ? Vous les voyez se réjouir les années où il y a peu de sangliers parce qu’il n’y aura pas d’atteintes aux cultures ? Non, ils parlent d’une « excellente année » quand il y a beaucoup d’animaux à tuer. D’ailleurs tout le monde le sait, y compris les pro-chasse : un chasseur chasse par plaisir, je n’en connais pas un qui se sacrifie pour le bien de la communauté.

Dernière précision : le parti animaliste demande l’interdiction de la chasse de LOISIR. Pour ce qui est de la chasse dite « de régulation », nous avons simplement l’intention de mettre en place des mesures permettant de mieux l’encadrer, tout en développant la recherche de méthodes contraceptives. Nous pourrions alors aboutir très rapidement à des populations très modérées, que personne ne pourrait prétendre devoir réguler.

 

Que vont devenir les animaux de ferme si on ne mange pas leur viande et si on n’utilise pas leur lait ? Vont-ils disparaître ?

En l’état actuel des choses, les humains ne recueillent pas dans les élevages des animaux qui naissent naturellement par milliards en France, ce sont les humains qui maximisent leur reproduction par des sélections génétiques, qui les inséminent artificiellement, etc.

Si un changement aussi radical de société se produisait, vous pensez bien que cela ne se ferait pas en un jour. La consommation de produits animaux aurait certainement déjà beaucoup baissé (on imagine mal qu’un tel changement puisse avoir lieu sans une prise de conscience générale des souffrances des animaux), et donc le nombre d’animaux aussi aurait beaucoup baissé. Ensuite, on interdirait la création de nouveaux élevages et la reproduction forcée, ce qui ferait à nouveau baisser le nombre d’individus.

Si la société avait suffisamment évolué pour devenir végétarienne, elle aurait certainement aussi le souci de donner de bonnes conditions de vie aux animaux : beaucoup pourraient être réintroduits dans la nature ou dans des sanctuaires en semi-liberté pour ceux qui ont le plus besoin de protection. En Corse, on est bien placés pour voir ce que deviennent les animaux redevenus « sauvages », comme les vaches ou les cochons ou même des chevaux. Ils vivent bien mieux que dans les élevages, et on pourrait aussi les aider en leur apportant des soins et des aliments si c’était nécessaire à certaines périodes. On pourrait même créer des emplois dans ce but !

Si vous êtes intéressé par cette vision futuriste de la société, je vous conseille de lire « Zoopolis » de Donaldson et Kymlicka, qui pose les bases de ce que pourrait être notre société en repensant nos rapports avec les différentes catégories d’animaux. Vous pouvez aussi en trouver une version résumée par Estiva Reus sur le site des Cahiers Antispécistes : http://www.cahiers-antispecistes.org/quels-droits…/